Transcription
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Monsieur, je receus ces jours icy voz lettres du XXXe
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du moys passé avec celles qui y estoient encloses pour
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monsieur d’Evenes votre frère, que je luy feis incontinant
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tenir. Il n’est poinct de besoing que vous me remerciez
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de ce que nous avons faict pour monsieur de Laval votre
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filz, car je vouldrois le servir en plus grande chose
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que celà, ce sera doncques quand l’ocasion s’en
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présentera et où j’en auray le moien. Je m’asseure qu’il
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vous aura faict entendre de ses nouvelles, comme il
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commence à se bien porter et en esperance de monter
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bientost à cheval, qui me gardera vous en dire
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icy aultre chose. Au reste, monsieur, vous pourrez
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avoir esté adverty comme la necessité de bledz augmente
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tous les jours, plus en ceste ville, tellement que si
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nous ne sommes secouruz de noz voisins, nous sommes
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pour endurer beaucoup. Il y a ung marchant de
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Bourgoing en Daulphiné, nommé Jacques Douyn,
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qui a promis à ceulx de ceste ville d’y en faire venir
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quelque quantité, pourveu qu’il vous plaise de luy
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permettre, qui me faict vous supplier bien humblement
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vouloir commander qu’il ne luy soit donné aucun
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empeschement affin, que nous peussions estre secouruz,
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[v°] en attendant que quelque provision, que nous sommes
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après de faire faire en Bourgongne, suivant la
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traicte qu’il auroit pleu au roy nous accorder, nous
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soit amenée. Et en ce faisant, tout le peuple de ceste ville
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se sentira grandement obligé à vous, et moy aussi
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particullierement, pour men revencher en tout aultre
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endroict où il vous plaira me commander.
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Quant à nouvelles de la court, je n’ay pour ceste
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heure aultre, sinon la continuaton de la deffaicte
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de monsieur de Genlys, qui est veritable, mais
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non pas possible si grande comme on la faisoit ;
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bien est vray que l’on dict que ledit sieur de Genlys
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avec quelque nombre de gentilzhommes de marque
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sont mortz ou prisonniers ; et tout le mal que
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je veois en celà, c’est la perte des gentilzhommes
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de notre France qui pourroient ung jour faire service
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au roy. L’on dict que le mariage du roy de Navarre
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et de Madame est retardé jusques au XVIIIe de
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ce mois. Voylà tout ce que je scaiche pour cest heure
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digne de vous escripre. Après mes bien humbles recommandations
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à votre bonne grace, je supplie le Créateur vous donner,
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Monsieur, en parfaicte santé, très longue vye. De Lyon,
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le IIIIe aoust 1572.
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Votre plus afeccionné à vous faire servise
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Mandelot
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